Import-substitution : Bio-Top-Commodity redessine le paysage des oléagineux
Dernière mise à jours il y'a 6 heuresAlors que le Cameroun s’efforce de concrétiser les ambitions de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), de jeunes structures transforment la théorie de l'import-substitution en réalité industrielle. Bio-Top-Commodity (BTC), fondée à Douala en 2020 avec un capital initial modeste, s'impose désormais comme un acteur singulier de la transformation agro-industrielle.
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En misant sur le sésame, la pistache et l’arachide produits localement, l'entreprise bouscule les codes d'un marché des huiles alimentaires longtemps dominé par les importations. Sous la marque Mârah, elle propose une gamme d'huiles vierges et de poudres nutritionnelles qui illustrent la capacité des PME nationales à densifier la valeur ajoutée sur le territoire.
La force du modèle BTC réside dans son ancrage territorial. L’entreprise a structuré une chaîne d'approvisionnement robuste en s'appuyant sur des coopératives féminines réparties dans le Grand-Nord, l’Ouest (département du Noun) et le Centre. La stratégie permet de s'affranchir des matières premières étrangères et des aléas des circuits logistiques mondiaux. Au-delà de l’indépendance alimentaire, le réseau renforce l’autonomie financière des productrices rurales. En valorisant jusqu'aux résidus de pressage transformés en poudres protéinées, BTC applique les principes de l'économie circulaire pour maximiser le rendement de chaque graine récoltée.
L'originalité de Bio-Top-Commodity ne se limite pas aux procédés techniques de pression à froid. L'entreprise intègre une dimension éthique forte dans son organisation interne en employant des profils issus de milieux vulnérables : personnes à mobilité réduite, jeunes en réinsertion, orphelins ou femmes déplacées par les crises sécuritaires. Le modèle de gestion transforme l'unité de production en un véritable pôle de cohésion sociale. Pour les distributeurs nationaux, le référencement des produits Mârah dans les rayons des grandes enseignes n'est plus une démarche de complaisance, mais la reconnaissance d'un "Made in Cameroon" compétitif et qualitatif.
Le parcours de BTC, bien que modeste par sa taille, offre une réponse aux évaluateurs de la SND30 qui appellent à une accélération de l'import-substitution agropastorale. En démontrant qu'une structure locale peut passer de la collecte à la grande distribution sans apport extérieur massif, Bio-Top-Commodity trace une voie pour les futurs champions industriels du pays. La preuve est faite que la souveraineté alimentaire camerounaise se construit désormais bouteille après bouteille.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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