Habitat social : 35 % des objectifs réalisés en 17 ans
Dernière mise à jours il y'a 12 heuresLe programme gouvernemental de construction de 10 000 logements sociaux, initié depuis 2009, affiche un bilan d'étape contrasté. Lors d'une rencontre officielle organisée à Douala le 12 février 2026, Célestine Ketcha Courtès, ministre de l'Habitat et du Développement urbain (Minhdu), a révélé que seuls 3 585 logements ont été achevés sur l'ensemble du territoire national.
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Ce volume, qui englobe la phase pilote du projet, le volet habitat du Plan d'urgence triennal (Planut) ainsi que les programmes de coopération sino-camerounaise, représente à peine plus du tiers de l'ambition de départ, alors que les besoins de la population n'ont cessé de croître.
Ce décalage entre les projections et la réalité du terrain souligne les difficultés structurelles rencontrées par l'exécutif depuis le lancement de l'initiative en 2009. À sa nomination en 2018, la ministre rappelle que la situation était encore plus critique avec seulement 420 unités livrées. Pour expliquer cette lenteur, les autorités pointent les carences logistiques et la fragilité financière des petites et moyennes entreprises locales initialement retenues. Cette situation a conduit à une révision de la stratégie contractuelle, privilégiant désormais des partenaires aux capacités techniques avérées afin de relancer les chantiers à l'arrêt, notamment dans les grands centres urbains comme Douala et Yaoundé.
Sur le plan social, l'impact reste limité face à un déficit de logement estimé à 2,5 millions d'unités à travers le pays. Bien que près de 3 000 familles aient pu accéder à un logement décent depuis 2013 dans diverses villes comme Bafoussam, Limbé ou Sangmélima, la crise immobilière demeure profonde. À Mbanga Bakoko, l'un des sites phares de la capitale économique, la livraison récente de clés à 57 nouveaux acquéreurs s'inscrit dans une dynamique de rattrapage, avec une centaine de logements supplémentaires attendus pour le premier semestre 2026.
Toutefois, de nouveaux obstacles assombrissent les perspectives de la promotion immobilière sociale. L'accès sécurisé au foncier demeure un frein majeur, bien que des discussions soient en cours pour accélérer la délivrance des titres de propriété dès cette année. Plus inquiétant pour les futurs acquéreurs, la fin de l'exonération de la TVA sur l'immobilier social, effective depuis janvier 2026, introduit un taux d'imposition de 10 % sur les transactions. Cette pression fiscale, couplée aux coûts de construction, risque d'augmenter le prix de vente final et de compliquer davantage l'accès à la propriété pour les classes moyennes et modestes.
La réussite de la suite du programme dépendra désormais de la synergie entre le secteur public et les partenaires privés comme Addoha ou Lafak. Pour combler un déficit qui se chiffre en millions, le gouvernement camerounais devra non seulement stabiliser son cadre fiscal, mais aussi garantir une disponibilité foncière réelle, condition indispensable pour transformer les engagements politiques en réalités habitables pour les millions de Camerounais encore en attente d'un toit.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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