Actu Eco » Politiques Publiques

Gouvernance du système bancaire : L'urgence d'une réforme au Cameroun...

Dernière mise à jours il y'a 3 heures

Le verdict de l’institution de Bretton Woods est sans équivoque. Dans sa dernière consultation annuelle publiée le 30 mars 2026, le Fonds monétaire international (FMI) dresse un diagnostic préoccupant de l’appareil bancaire camerounais. Si la première économie de la zone CEMAC affiche des ambitions de croissance robustes, son moteur financier, lui, montre des signes d'essoufflement. Entre une exposition croissante au risque souverain et des retards persistants en matière de conformité internationale, le système bancaire pourrait devenir le principal goulot d’étranglement de la transformation structurelle du pays.

Lire aussi : Marchés des titres BEAC : Le Cameroun envisage de lever 580 milliards de FCFA pour le 2e trimestre 2026

L’une des alertes les plus vives du Fonds concerne l’interventionnisme grandissant de la puissance publique dans le capital et la gouvernance des établissements de crédit. Le FMI exhorte Yaoundé à une plus grande retenue et réclame une restructuration immédiate de la gestion des banques sous contrôle étatique. Cette pression s'exerce alors que le financement de l'économie réelle marque le pas : la progression des crédits au secteur privé est attendue à 11,2 % en 2025, un recul notable par rapport aux 12,3 % de l'exercice précédent. Sans un secteur bancaire assaini et indépendant, la mobilisation de l'épargne vers les grands projets miniers et d'infrastructures risque de rester lettre morte.

Le maintien du Cameroun sur la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI) constitue l’autre zone d’ombre majeure du diagnostic. Avec plus de la moitié des mesures de redressement encore en suspens, le pays subit un renchérissement mécanique de ses coûts de financement à l’international. Les banques locales voient leurs relations de correspondance se fragiliser, compliquant les transactions transfrontalières et renchérissant le coût des opérations. Cette perception d'un risque accru s’est traduite concrètement en janvier 2026 lors de l'émission de l'eurobond de 750 millions de dollars, où les conditions de sortie de marché ont reflété la méfiance des investisseurs face aux lacunes du cadre de lutte contre le blanchiment.

La trajectoire économique du pays, projetée à 4,6 % à moyen terme, est désormais suspendue à la capacité des autorités à rassurer les partenaires multilatéraux. L’échéance du prochain rapport au GAFI, attendu dans le courant de l’année 2026, apparaît comme le pivot de la stratégie de sortie de crise. Une normalisation permettrait non seulement de fluidifier les circuits bancaires mondiaux, mais aussi d’alléger le service de la dette publique, projeté à 8,8 % du PIB. À ce stade, une question demeure : Yaoundé saura-t-il engager les réformes de gouvernance nécessaires pour redonner au système financier son rôle de catalyseur de l’émergence ?


Ndjomo Carlos

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
12 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe