Entretien du réseau routier : Le Fonds routier face à un cul-de-sac
Dernière mise à jours il y'a 3 semaineLe réseau routier camerounais subit de plein fouet les arbitrages serrés du Trésor public. Chargé du financement vital de la maintenance des axes nationaux, le Fonds se heurte à un mur financier : alors que les lois de finances lui allouent théoriquement 60 milliards FCFA chaque année, les encaissements réels plafonnent entre 30 et 35 milliards FCFA. Ce déficit systématique, qui s’est accentué entre 2023 et 2025, paralyse la planification des travaux et fragilise les entreprises du secteur BTP.
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L’entretien routier repose sur une convention censée garantir la fluidité des paiements : le débit d’office. Ce dispositif devait assurer au Fonds routier un versement automatique de 1/12e de son budget annuel chaque mois. Or, la réalité comptable dément ce principe. Le ministère des Travaux publics, tutelle technique, constate une érosion constante des ressources perçues. Pour l'exercice 2025, sur un budget prévisionnel de 61,4 milliards FCFA, seuls 25,8 milliards FCFA ont pu être effectivement injectés dans le circuit économique pour payer les prestations des entreprises.
L’impasse a pris une tournure critique en novembre 2025. Dans une correspondance sans équivoque, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a notifié la suspension des débits d’office pour les deux derniers mois de l'année. La raison ? Un besoin impérieux de mobiliser les liquidités du Trésor pour des dépenses jugées plus urgentes : le paiement des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite et, surtout, le service de la dette extérieure. À cette date, les arriérés sur la dette extérieure culminaient à 145 milliards FCFA. Cet arbitrage illustre la hiérarchie implacable des priorités budgétaires, où la maintenance des infrastructures est sacrifiée pour éviter un défaut de paiement international ou une crise sociale interne.
Cette suspension des crédits et l'écart permanent entre dotations théoriques et ressources réelles pèsent lourdement sur la régularité des chantiers. Pour les entreprises de travaux publics, l'incertitude sur les paiements entraîne des arrêts de travaux, des licenciements techniques et une dégradation prématurée des axes routiers faute d'intervention au moment opportun.
Si le Fonds routier demeure un instrument clé du développement, il se retrouve aujourd'hui réduit à un rôle de gestionnaire de pénurie. Sans un respect rigoureux des engagements de financement ou une nouvelle stratégie de mobilisation des recettes, le patrimoine routier du pays continuera de se détériorer, augmentant à terme le coût des futures réhabilitations pour l'État.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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