CREDIT CLIMATIQUE : LEVIER DE FINANCEMENT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE
Dernière mise à jours il y'a 30 minutesLe bassin du Congo, deuxième réserve de biodiversité dans le monde, présente une capacité de séquestration carbone vitale pour l’équilibre du globe. Pourtant, la transformation de la richesse naturelle en capital financier tangible reste un défi pour les économies de la sous-région. Dans une interview exclusive accordée à Alpha Eco, Hedi Rhimi, Chairman du crédit climatique, propose une rupture avec les systèmes de financement traditionnels souvent marqués par l’opacité.
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M. Rhimi, concrètement, qu’est-ce que le Climate Credit peut apporter au Cameroun ?
Le Cameroun possède une ressource que le reste du monde cherche désespérément : des forêts, des terres et une capacité de séquestration carbone que nulle usine ne peut reproduire. Mais jusqu'ici, la richesse n'était pas monétisée à sa juste valeur. Le Climate Credit modifie la situation. Concrètement, il permet aux projets écologiques reboisement, gestion des déchets, énergie propre d'accéder à un financement international tracé et certifié, sans dépendance aux budgets publics. Le Cameroun n'a pas besoin d'aide. Il a besoin d'un mécanisme qui transforme sa richesse naturelle en capital financier souverain.
Vous parlez de financement international. Mais en quoi êtes-vous différent des autres fonds climatiques qui promettent beaucoup et livrent peu ?
C’est la question la plus importante que vous puissiez poser. La réponse tient en un seul mot : la preuve. Les fonds climatiques traditionnels publient des rapports annuels que personne ne peut vérifier. Avec le Climate Credit, chaque projet est équipé de capteurs IoT sur le terrain. Les données remontent en temps réel sur la blockchain. N'importe quel citoyen, n'importe quel journaliste, peut vérifier : le nombre d'hectares reboisés, les tonnes de CO2 séquestrées, les emplois créés. Nous ne promettons pas. Nous prouvons en temps réel, publiquement, sans filtre.
Des chiffres concrets pour le Cameroun, qu'est-ce que cela représente en emplois et en revenus ?
L'écosystème vise soixante pays partenaires d'ici 2029, avec 50 000 emplois verts directs et indirects à l'échelle mondiale. Pour l'Afrique centrale, la convention signée avec Grand Impex ouvre l'accès à onze pays de la CEMAC et de la CEEAC. Prenons le projet pilote en RDC qui démarre le 7 juin prochain : 1 000 hectares reboisés, 3 000 emplois priorité aux femmes et aux jeunes diplômés sans emploi. Il s'agit précisément du modèle que nous voulons répliquer ici. Un arbre planté au Cameroun génère aujourd'hui un actif financier traçable et monétisable à l'échelle mondiale. L'approche est inédite.
On entend souvent parler de crédit carbone. En quoi le Climate Credit est-il différent ?
La distinction est fondamentale. Le crédit carbone regarde en arrière : une entreprise pollue, elle achète un crédit pour se dire quitte. Il s'agit de réparer après avoir cassé. Le Climate Credit opère un changement de paradigme temporel : il finance aujourd'hui des projets qui créeront de la valeur écologique demain. Il ne s'agit plus de réparation l'objectif est la construction. Le crédit carbone solde une dette. Le Climate Credit finance un avenir.
Est-ce que le Climate Credit et CO2Bit sont en concurrence ?
Non et la force de notre partenariat avec Maurice Dubois et CO2Bit Technologies réside précisément dans la complémentarité. CO2Bit et le Climate Credit ne sont pas deux projets séparés. Ils constituent les deux faces d'un même édifice. CO2Bit ancre la démarche dans la réalité des projets de terrain le mécanisme de financement, les trente-sept pays partenaires. Le Climate Credit y ajoute la couche de transparence en temps réel et de conformité réglementaire qui ouvre les portes des investisseurs institutionnels mondiaux. CO2Bit et le Climate Credit forment les deux faces d'un même édifice l'une ancre la réalité, l'autre garantit la crédibilité mondiale.
Crypto, blockchain, tokens… S'agit-il simplement de la spéculation déguisée en écologie ?
Je comprends la méfiance elle est légitime. Mais permettez-moi de renverser la question. Quand une banque émet une obligation verte, personne ne demande s'il s'agit de spéculation. Pourtant, vous ne pouvez pas vérifier où va l'argent. Avec le CCLX, chaque token est adossé à un projet réel, audité par des institutions indépendantes l'IFMA au Brésil, intégré aux engagements climatiques de la COP30. La valeur du token est directement liée aux revenus générés par ces projets. La logique est l'inverse de la spéculation. Dans notre modèle, la valeur du token augmente quand les arbres poussent. Pas quand les marchés s'emballent.
Pourquoi l'Afrique n'est-elle pas aux commandes de sa propre transition climatique ?
Excellente question et je vais vous répondre sans détour. Le modèle de gouvernance a été conçu précisément pour cela. Les projets restent sous souveraineté locale. Les États conservent la propriété des actifs. Ils les utilisent comme levier jamais comme garantie cédée. Le fonds Grand Impex est africain. La convention signée place les gouvernements de la région comme partenaires institutionnels pas comme bénéficiaires passifs. L'Afrique n'a pas besoin d'être sauvée. Elle a besoin d'outils pour être à la table pas devant la porte.
Un dernier mot pour l'ensemble des camerounais ?
Je voudrais leur dire ceci : la forêt du bassin du Congo est le deuxième poumon de la planète. Pendant des décennies, le monde entier a respiré grâce à vous sans vous rémunérer pour cela. L'époque de l'indifférence est révolue. Les outils existent aujourd'hui pour que chaque hectare préservé, chaque arbre planté, chaque tonne de CO2 séquestrée soit reconnu, certifié, et monétisé à sa juste valeur sur les marchés mondiaux. Le Climate Credit est l'un des outils disponibles. Et nous sommes ici pour le construire avec vous pas pour vous. Il y a des dettes qu'on peut compenser. Il y a des avenirs qu'il faut financer. Nous choisissons de financer l'avenir de l'Afrique centrale.
Propos recueillis par NDJOMO Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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