Climat : L'Afrique menacée de perdre 65 % de ses zones de pâturage d'ici 2100
Dernière mise à jours il y'a 6 joursL'avenir du secteur pastoral africain est suspendu à l'évolution des courbes climatiques mondiales. Selon un rapport alarmant publié par le Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK), le continent pourrait voir ses surfaces de prairies fondre de 65 % d'ici la fin du siècle. Cette étude, basée sur le concept d'«espace climatique sûr », révèle que l'Afrique est le continent le plus exposé, ses écosystèmes frôlant déjà les limites de température et d'humidité supportables pour la flore fourragère.
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Les chercheurs soulignent que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites (scénario de statu quo), la hausse thermique et les sécheresses chroniques rendront la majeure partie des terres actuelles inviables pour l'élevage. Même dans l'hypothèse d'une réduction ambitieuse des émissions, une perte de 16 % des superficies reste à prévoir. Les zones traditionnelles comme les hauts plateaux éthiopiens, la vallée du Rift ou le bassin du Congo pourraient voir leurs pâturages se déplacer vers le Sud, tandis que les prairies côtières risquent une disparition totale, faute d'espaces de repli.
Les conséquences socio-économiques s'annoncent critiques pour un continent où l'élevage pèse en moyenne 15 % du PIB national. Plus de 110 millions d'éleveurs pourraient perdre leurs moyens de subsistance, déstabilisant ainsi la sécurité alimentaire de millions de foyers. Les experts du PIK avertissent que les stratégies d'adaptation classiques, telles que la transhumance ou le changement d'espèces animales, pourraient s'avérer insuffisantes face à l'ampleur et à la rapidité des bouleversements attendus.
Cette crise souligne un paradoxe cruel : l'élevage est à la fois une victime directe du dérèglement climatique et l'un de ses moteurs, contribuant à hauteur de 14,5 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre selon la FAO. Pour les pays à faible revenu, déjà marqués par une fragilité politique et alimentaire, l'enjeu dépasse la simple gestion agricole ; il s'agit d'une menace existentielle qui exige une refonte profonde des systèmes agroalimentaires et une solidarité internationale accrue pour préserver un pilier vital de l'économie africaine.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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