Appel public à l'épargne : BGFIBank proroge la date de souscription
Dernière mise à jours il y'a 1 semaineL'appel public à l'épargne lancé par BGFI Holding Corporation (BHC) se heurte à l'étroitesse du marché financier d'Afrique centrale. Initialement prévue pour se clôturer le 24 décembre 2025, la période de souscription à l'ouverture du capital du leader bancaire de la zone CEMAC a été prorogée de six semaines, soit jusqu'au 7 février 2026.
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Ce report, justifié officiellement par des contraintes calendaires et opérationnelles, révèle surtout la difficulté du groupe à mobiliser immédiatement l'intégralité des 125,88 milliards de FCFA sollicités pour l'augmentation de 10 % de son capital social.
Cette inertie relative surprend au regard de la solidité financière de l'émetteur. Avec un total de bilan avoisinant les 6 000 milliards de FCFA et un bénéfice net de 122 milliards de FCFA en 2024, BGFIBank s'impose comme une référence incontestée dans douze pays. Toutefois, la nature même de l'opération une émission de titres de participation et non de créances obligataires modifie la structure de la demande. Les banques commerciales, traditionnellement pourvoyeuses de fonds sur le marché des obligations, rechignent logiquement à financer le développement d'un concurrent direct. La collecte repose dès lors sur les assureurs, les entreprises et les particuliers, un segment où l'éducation financière reste à parfaire pour absorber un volume de titres aussi massif.
Le rendement du titre constitue un autre point de friction pour les épargnants. Fixée à 80 000 FCFA l'unité, l'action BGFIBank propose un dividende net prévisionnel de 1 893 FCFA en 2026, s'orientant vers 3 025 FCFA à l'horizon 2030. Pour de nombreux investisseurs institutionnels, ces perspectives de rémunération immédiate souffrent de la comparaison avec d'autres valeurs cotées à la BVMAC, à l'instar de Socapalm ou SCG-Ré, qui offrent des rendements à court terme jugés plus attractifs. Si certains conseillers financiers prônent une approche patrimoniale basée sur une plus-value latente de 50 % sur cinq ans, une frange du marché demeure hésitante face à cette rentabilité différée.
Enfin, des choix stratégiques initiaux ont pu brider l'enthousiasme des grands porteurs. Le plafonnement des souscriptions institutionnelles à 630 millions de FCFA, instauré pour éviter la concentration de l'actionnariat, a finalement été levé après avoir été perçu comme trop restrictif. À ces ajustements techniques s'ajoute une certaine prudence des analystes liée à la gouvernance. La figure centrale d'Henri-Claude Oyima et les interrogations sur la pérennité de la dynamique de croissance sans son implication opérationnelle directe dans le sillage de ses précédentes fonctions politiques au Gabon, alimentent les réserves. Malgré ces vents contraires, le syndicat de placement, fort de 29 intermédiaires, reste confiant quant à la capacité du groupe à atteindre ses objectifs d'ici le nouveau délai de février.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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