Agroindustrie : La CDC replonge
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresLes équilibres financiers du deuxième employeur du Cameroun s'affaissent de nouveau sous le poids combiné de la crise sécuritaire dans les régions anglophones et de lourdes contraintes structurelles. Les comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2025 de la Cameroon Development Corporation (CDC) font apparaître une perte nette consolidée de 20 milliards de FCFA, après un bénéfice de 45 milliards de FCFA enregistré un an plutôt.
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Ce résultat financier marque un revirement brutal par rapport à l'exercice 2024, clos sur un bénéfice exceptionnel de 45 milliards de FCFA. La fragilité du rebond comptable précédent est ainsi mise en lumière, l'embellie de 2024 découlant exclusivement d'une restructuration de passif par l'État, qui avait repris 24 milliards de FCFA de dettes envers la CNPS, 36 milliards de FCFA d'arriérés de salaires et 14 milliards de FCFA de passifs fiscaux.
L'insécurité persistante dans le Sud-Ouest entrave l'exploitation des actifs agricoles de l’opérateur public. Le gel des activités provoqué par les opérations des groupes armés a entraîné la perte de deux mois de pic de production pour l'hévéa. L'impact sur l'outil industriel se traduit par la paralysie de plus de la moitié des surfaces d'hévéas et de 36 % des plantations matures de palmiers à huile. Les volumes de caoutchouc extraits ont chuté à 4 624 tonnes, loin de l'objectif initial fixé à plus de 11 000 tonnes, tandis que les rendements en huile de palme accusent un retard important sur les prévisions de la direction générale. Pour maintenir la continuité de l’exploitation, les autorités de Yaoundé ont injecté un nouveau concours financier de 51 milliards de FCFA en septembre 2025.
Le pôle bananier constitue l'unique vecteur de résilience pour le groupe agro-industriel. Les exploitations localisées dans les périmètres sécurisés ont permis de porter la récolte de bananes à 43 690 tonnes en 2025, contre 34 288 tonnes l'année précédente. La hausse de production de la filière offre une source de devises essentielle, mais s'avère insuffisante pour compenser les pertes sèches enregistrées sur les autres segments de production. La récurrence des déficits opérationnels illustre la difficulté de stabiliser les performances financières d’une entreprise publique dont la survie économique dépend intimement du retour à la normale sécuritaire dans ses principaux bassins de production.
BCN
Floyd Miles
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